Félix Jobbe

Combien coûte un film d'entreprise, et pourquoi

Le prix d'un film d'entreprise est sans doute la première question que vous vous posez. La plupart des sites du métier n'y répondent pas, et vous voilà à comparer des devis sans savoir ce que vous comparez. Voici les fourchettes que publient des sociétés du métier, un repère simple pour la post-production, puis ce qui fait varier un devis d'un projet à l'autre.

Ce que dit le marché français

Deux sociétés de production publient leurs fourchettes pour la France, et elles se recoupent. Une vidéo simple (interview, témoignage client, capsule web) se situe entre 800 et 2 500 € HT, un film d'entreprise complet entre 3 000 et 15 000 € HT, et la captation d'un événement diffusé en direct entre 2 000 et plus de 20 000 € HT, selon le dispositif technique.

Dans le détail, une interview ou un témoignage client coûte entre 800 et 2 500 € HT. Un film corporate standard de 1min à 3min se situe entre 1 200 et 5 000 € HT, et une version plus élaborée, avec plusieurs lieux de tournage ou une direction artistique poussée, entre 3 000 et 15 000 € HT. Les captations d'événement à plusieurs caméras ou en direct partent de 2 000 € HT et peuvent dépasser 20 000 € HT.

Un repère : 1 jour maximum par minute de film abouti

Pour la post-production, retenez ce repère : au cas par cas, 1 jour maximum par minute de film abouti. Une journée entière pour 1min, la phrase peut surprendre. Cette journée ne se passe pas seulement à assembler des plans. Elle comprend le dérushage de tout ce qui a été tourné, le montage, l'étalonnage, le mixage, les sous-titres et les exports aux formats dont vous avez besoin.

Le repère est un maximum, et il correspond au film le plus exigeant : un film narratif, avec des interviews et une écriture, où le montage suit la durée de ce qui est livré. Une vidéo courte tirée des rushes d'un tournage déjà monté demande beaucoup moins, et un enchaînement d'images moins qu'une prise de parole qui porte le sujet. D'où le « au cas par cas ». Devant un devis, rapportez les jours de post-production aux minutes de film livré : vous verrez tout de suite où passe le temps.

Les cinq postes qui font le prix

Le nombre de journées de tournage. Il explique l'essentiel des écarts entre deux devis, et il dépend des lieux, des déplacements et du nombre de sujets à filmer. Un seul lieu avec un seul sujet, comme l'espace Wojo d'Issy-les-Moulineaux, demande moins de tournage que plusieurs lieux dans la même ville, et bien moins que seize sites répartis entre Paris, Bordeaux, Lyon et Lille.

La durée du film fini. Pour un film narratif, avec des interviews et une écriture, le montage suit la durée du film, selon le repère vu plus haut. Ce poste est le plus invisible pour vous, et le plus lourd en temps.

Le nombre de personnes et de sites. Chaque personne interviewée demande du temps de tournage, puis du temps de dérushage. Chaque site ajoute un déplacement, une installation et un repérage.

Les éléments graphiques. Titrages, cartons, animations, cartes. Le motion design, selon ce qu'il y a à fabriquer, peut aussi ajouter du temps de post-production, et combien coûte un motion design le détaille.

Le nombre de déclinaisons. Version verticale, version sous-titrée, version courte, version sans texte pour une traduction. Chacune représente un export et un réglage à part.

Ce qui ne fait presque pas le prix

Le matériel pèse peu. Ce que vous payez surtout, ce sont des journées de travail : préparation, tournage, dérushage, montage, étalonnage, mixage, allers-retours.

Une agence coûte aussi plus cher qu'un·e indépendant·e à film équivalent, parce qu'elle ajoute des frais de structure et une coordination (avec la même caméra). Voyez agence ou vidéaste indépendant.

Ce que les fourchettes ne disent pas de votre projet

Un même intitulé recouvre des projets sans rapport entre eux. « Un film de 3min » peut vouloir dire un tournage sur un site avec deux interviews, ou des tournages répartis sur trois régions, avec des animations et trois versions linguistiques. Les deux portent le même nom dans une grille de marché, et le second additionne des journées de tournage dans chaque région, des trajets et de l'animation.

Un premier échange avec un·e vidéaste suffit à situer votre projet, et il ne vous coûte rien. Pour le préparer, lisez ce que vous pouvez préparer avant d'appeler un vidéaste.

Annoncer votre budget ne fait pas monter les prix

Vous craignez peut-être qu'un budget annoncé serve de plancher au devis. Il sert surtout à dire tout de suite si le projet est faisable, et à arbitrer utilement : moins de sites, un format plus court, moins d'animations. Sans budget, la première proposition risque de tomber à côté, et tout est à refaire.

Comment comparer deux devis

Comparez-les sur quatre points, qui expliquent presque tous les écarts. Combien de journées de tournage sont prévues, et que se passe-t-il si la journée déborde ? Quels droits d'utilisation sont cédés, et sont-ils écrits dans le devis ? Combien de tours de modifications sont compris ? Et quelle est exactement la liste des livrables ? D'autres points à vérifier sont dans les questions à poser avant de choisir un vidéaste.

Ce qui coûte moins cher qu'on ne croit

Prévoir plusieurs formats dès le départ. Tourner en pensant à la version verticale ne coûte presque rien sur place. Vous évitez ainsi un second tournage. D'autres pistes sont dans comment payer moins cher une prestation photo ou vidéo.

Regrouper les tournages. Deux tournages sur deux déplacements coûtent plus cher qu'un seul tournage regroupé, puisque le trajet se compte deux fois.

Installer une série plutôt que commander un film isolé. La conception ne se fait qu'une fois, et chaque vidéo suivante issue du même tournage demande beaucoup moins de montage. Les films de sites de Wojo suivent ainsi tous le même déroulé, celui d'une journée de travail : les postes, les réunions, la pause café, la terrasse.

Fournir la matière à temps. Logo vectoriel, charte, liste des noms exacts, autorisations signées. Ce qui arrive en retard se paie en délai, et parfois en reprise.

Comment je compte, de mon côté

Je chiffre chaque film sur devis, en jours de travail, en tournage comme en post-production, et jamais moins d'un jour. Le repère d'un jour maximum par minute de film abouti est celui que j'annonce sur chacun de mes services. Une interview ou un témoignage me demande un jour de tournage, avec au moins deux caméras, puis un jour de post-production. Un film institutionnel compte un à deux jours de tournage, et autant de post-production, allers-retours compris. Au-delà, le nombre de jours suit les postes décrits plus haut.

Tout commence par un échange où vous me décrivez le projet. Le devis détaillé vous arrive ensuite, avant le premier jour de tournage, avec le calendrier, la liste des livrables et les conditions d'utilisation des images. Au montage, on ajuste autant que nécessaire, dans la limite du raisonnable et de ce qu'on a fixé au cadrage. Si le drone apporte quelque chose à votre film, il se chiffre sur le même devis que le reste. Pour le motion design, le temps dépend de la densité de l'animation plus que de sa durée, et le devis se chiffre au storyboard, quand le volume réel devient visible.

Le budget de votre structure compte aussi. J'ai à cœur de travailler avec des structures dont les valeurs respectent les enjeux environnementaux et sociaux de notre époque, entreprises comme associations, et selon chaque structure et ses moyens, j'adapte le budget et la prestation. Un documentaire demande plus de temps et plus de budget qu'un film court, et j'en tiens compte de la même façon. Si vos images sont déjà tournées, je peux aussi m'en tenir au montage, ou à l'étalonnage d'un film déjà monté.

Pour voir ce que donnent ces journées, regardez les films de sites de Wojo, La Haie Messagère, documentaire de quarante minutes que j'ai réalisé, tourné, monté et étalonné seul, ou les reportages de Captain Darwin. Et pour savoir combien de jours demande votre film, écrivez-moi depuis la page contact : ce que vous voulez filmer, dans combien de lieux, avec combien de personnes, où le film sera montré, et le budget que vous avez en tête si vous en avez un.

Questions
fréquentes.

Mes devis ne portent pas de TVA. Je suis en franchise, au titre de l'article 293 B du Code général des impôts, et le total de mon devis est la somme que vous payez.
Une société de production estime que la pré-production, des repérages au storyboard, peut représenter 10 à 20 % du budget total. Dans l'exemple de devis qu'elle détaille, un film corporate de 3min à 3 900 € HT, la préparation et l'écriture comptent pour 800 €. Sur mes devis, la conception et la préparation du tournage sont offertes : je compte des journées de tournage et de post-production.
Les sociétés de production rangent à part les frais annexes, qui font varier le tarif final : déplacements, location de lieux de tournage, décors, accessoires, comédien·nes ou voix off. Demandez à chaque prestataire lesquels de ces frais son devis comprend déjà, et lesquels arriveront en plus.
( Parlons-en )

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